Marie, Appolinaire & Noël

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C’est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu’elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Les brebis s’en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d’argent
Des soldats passent et que n’ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s’en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s’en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l’automne
Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s’écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

Guillaume Apollinaire

 

Et mon mal est délicieux

J’aime ce vers…

Je mange rapidement un croque-monsieur dans un petit troquet de Rouen. L’endroit est simple, un peu minable, mais assez chaleureux. Je lis un mail d’un frère m’expliquant qu’il souhaitait éviter que le prochain repas de Noël finisse en psychodrame familial. Il cite Festen, en plaisantant, et me rappelle que n’avons plus causé ensemble depuis un siècle. Je retiens une petite larme, tout en me demandant oú j’étais durant ce siècle. Payer, et retourner bosser, on m’attend. Un petit tour dans les toilettes minuscules du bistrot. C’est bizarre cette petite musique mécanique qui surgit avec la lumiére … Jingle Bells ! Je lève les yeux, et je vois les guirlandes lumineuses au mur. C’est Noël !

C’est chouette, finalement,Noël.

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