Johnny Griffin – Change Of Pace

Change Of Pace

JOHNNY GRIFFIN – CHANGE OF PACE (1961)

1 – Soft And Furry
2 – In The Still Of The Night
3 – The Last Of The Fat Pants
4 – Same To You
5 – Connie’s Bounce
6 – Situation
7 – Nocturne
8 – Why Not?
9 – As We All Know

Johnny Griffin (tenor sax), Julius Watkins (french horn), Bill Lee, Larry Gales (bass), Ben Riley (drums)
New York City, 7 et 16/02/1961 – Riverside

JohnnyGriffin

Johnny Griffin est surnommé le « Petit Géant », ce qui situe assez bien sa place dans la hiérarchie des saxophonistes ténor. Pas à la première place (ils ne sont pas nombreux : Lester Young, Sonny Rollins, John Coltrane), ni à la seconde, celles des novateurs comme Coleman Hawkins, Ben Webster, Wayne Shorter et autres Albert Ayler, mais de suite après, en compagnie de l’autre grand ténor du bop / hard-bop : Dexter Gordon.

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Après avoir débuté avec les inévitables Jazz Messengers d’Art Blakey, puis joué quelques années auprès de Thelonious Monk avant l’arrivée de Charlie Rouse, ses principaux faits d’armes sont une bonne cinquantaine de disques sous son nom, notamment au sein d’une formation avec l’autre saxophoniste ténor Eddy « Lockjaw » Davis.
Les meilleurs sont A Blowin Session et Congregation (1957), Salt Peanuts (1964), Return Of The Griffin(1978), Bush Dance (1988).
Return of the griffin

Son jeu est typiquement bop : technique et rapide, et son son est superbe, velouté, avec un petit coté granuleux.Un musicien somme toute classique en fait dans l’histoire du jazz, si ce n’est ce Change Of Pace. Au début des années 60, le jazz est en pleine expérimentation : John Coltrane prend son envol, Sonny Rollins reviens aux affaires, Miles Davis est au top avec son quintet, des musiciens comme Andrew Hill ou Sam Rivers commencent à faire parler d’eux. Johnny Griffin s’essaye aussi à ce nouveau courant et tente une instrumentation inédite : un cor français, deux contrebasses et une batterie. Et l’essai est réussi : ce disque est absolumment atypique dans l’histoire du jazz. Le son obtenu est unique : un mélange de bop, de swing et de noirceur amenée par les deux contrebasses, le tout illuminé par le jeu flamboyant (mais plus sobre que d’habitude) de Johnny Griffin. Le label Riverside parlera de « Jazz de Chambre », argument publicitaire assez ridicule…

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Et surtout un titre, le premier, Soft & Furry, restera à jamais comme un des sommets du saxophone ténor.
A noter la présence de Bill Lee, le père du cinéaste Spike Lee, dont le travail sur ce disque est tout sauf anecdotique : deux compositions (Nocturne et As We All Know), plus une de sa femme Consuela (Connie’s Bouce), et les arrangements de l’ensemble. Je ne suis pas loin de penser que les couleurs de ce disque viennent en partie de lui (on peut même parler de boucles de contrebasses sur quelques titres).Un grand petit disque donc, pas toujours simple d’écoute pour un non habitué au jazz (à part Soft & Furry), et pour moi un disque indispensable ! Un de mes disques de chevet…

 

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